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QUI SOMMES NOUS ?
En février 1922, Thérèse Papillon, jeune infirmière de la Croix Rouge Française, en quête d’un havre susceptible d’accueillir des enfants pré-tuberculeux, visite l’ancienne abbaye de Valloires. Elle décide d’y installer un préventorium. L’Association de Valloires naît ce 2 février 1922. Son but: " … lutter contre les fléaux sociaux de toute nature, par la création et la gestion de sections diverses : préventorium, centres culturels, sociaux, écoles ménagères, maison de retraite….Elle assume la responsabilité de l’entretien et de la sauvegarde des bâtiments et des sols, classés " Monuments Historiques " (arrêté du 17 septembre 1964), ainsi que de la gestion, sous quelque forme que ce soit, et de la mise en valeur du Domaine de Valloires… " (Statuts de l’Association, article 1er). L‘association est reconnue d’utilité publique depuis le 10 juin 1925. Aujourd’hui, cinq établissements et services composent ce complexe, plus de 500 adhérents et plus de 230 salariés contribuent à la réussite de cette entreprise sociale. Elle anime et gère:
Pour les enfants une Maison d’Enfants à Caractère Social et un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique. Les origines, les tutelles, les financeurs de ces structures sont différents, nos missions peuvent se résumer en quelques mots : faire en sorte que ces enfants retrouvent le plus rapidement possible, soit leur famille d’origine, soit une famille d’accueil ou encore le cursus scolaire général. Ceci grâce aux actions éducatives, thérapeutiques et d’enseignement de Valloires, mais aussi au travail avec les différents réseaux qui se préoccupent du devenir de ces enfants. Pour les personnes âgées une Résidence d’Accueil Temporaire, foyer d’une capacité d’hébergement de 18 lits, aménagé dans l’ancienne grange des moines, en surplomb des jardins. Lutter contre l’isolement des personnes dépendantes et âgées tout en leur permettant de rester dans leur cadre de vie habituel, fait partie des objectifs de l’Association qui a créé dans le même esprit un Service d’Aide et de Maintien à Domicile sur le canton de Rue. Pour le patrimoine Les membres de l’Association ont à coeur de mettre à la disposition du plus grand nombre, la paix sereine, l’atmosphère spirituelle et la beauté de son abbaye. Son ambition est de la transmettre aux générations futures dans son intégralité. Des travaux sont entrepris chaque année sur les bâtiments et sur les mobiliers :
L’abbaye accueille un nombre grandissant de visiteurs (25 000 en 2002 ; 35 000 en 2004). L’abbaye de Valloires adhère à la Charte européenne des Abbayes et Sites Cisterciens.
Association
de Valloires - 80120 Argoules - Tél : + 33 3 22 29 62 33 (visites,
hôtellerie) ou + 33 3 22 29 62 08 (siège social)
Historique de l’abbaye Entourée de bois, de vergers et de jardins, dans un site solitaire du val d'Authie, telle une blanche colombe nichée, l'abbaye de Valloires offre un rare et bel exemple de l'architecture du 18e s., étonnant témoin, pour le moins curieux, dans cette région et le plus parfait exemple de cette architecture dans la France entière. C'est en 1137 que Guy II, comte de Ponthieu, allié à la puissante famille de Bourgogne, fit appel aux moines de Cîteaux qui se seraient d’abord établis à Bonnance, près de Laviers, mais plus probablement à Balance (com.Vron). En 1158, ils s'installèrent définitivement à Valloires, sur la pente douce d'un coteau de la vallée de l'Authie. Le site offrait aux moines des forêts à défricher et une multitude de poissons de rivière et d'étang pour l'exploitation et l'alimentation. L'abbaye connut d'abord une période de grande prospérité. L’église était devenue le lieu de sépulture de la famille de Ponthieu. De cette église du 13e s., il ne reste qu’un pan de mur, percé de deux fenêtres ogivales et les gisants de Marie de Ponthieu et de Simon de Dammartin (14e s.). Du 14e au 17e s., les vicissitudes de l’Histoire dont le Ponthieu fut le théâtre, guerres et pillages, accompagnés d'un certain désordre spirituel et moral, entraînèrent la décadence de l’abbaye. Au 17e s., plusieurs incendies ravagèrent le monastère mais, vers 1647, Jean Martineau, conseiller-clerc au Parlement de Paris, procéda à la restauration de Valloires dont il était devenu l'abbé commendataire. Quelques années plus tard, les bâtiments monastiques ainsi que ceux de la cour d'entrée furent construits à peu de choses près dans l'aspect qu'ils ont gardé de nos jours. Les réparations faites à la hâte sur l’église n'offraient pas de garantie de durée et, en 1741, le clocher s'effondrait sur l'abbatiale, entraînant sa destruction. Le roi ayant donné l'autorisation à l’abbaye de faire une importante coupe de bois, les travaux purent commencer et une reconstruction intégrale fut entreprise de 1741 à 1756 sous l'égide de Mgr d'Orléans de la Motte, évêque d’Amiens et abbé commendataire, sur les plans du célèbre architecte Coigniart et sous l’autorité du maître-maçon Collet. La décoration est l'œuvre du baron Simon-Georg von Pfaffenhofen, dit Pfaff (1715-1784); ce sculpteur autrichien de premier plan a vraiment donné, à Valloires, la plus parfaite expression de son œuvre. Valloires est son chef-d'œuvre. Les boiseries fleuries et les sculptures débordantes de vie sont les manifestations d'un art achevé et délicat, où les angelots chrétiens évoquent étrangement des amours païennes et où la foi en l'homme transparaît au moins autant que la croyance en Dieu. Inspiration spirituelle et réalisme profane s'entremêlent si harmonieusement qu'il paraît vain de chercher à déterminer la part de chacun... Cet art exubérant ne se rencontre guère qu'en Europe centrale, en Bavière ou au Tyrol; il prend ici, en Picardie, une sorte de magnificence insolite dans le goût français de l’époque Louis XV. En France où les abbayes du Moyen Age nous sont plus familières, Valloires se situe comme une exception où l'esprit du 18e s. fleurit dans toute la préciosité de ses grâces décoratives. Si l'abbaye existe encore de nos jours, c'est qu'elle fut sauvée du désastre fatal de la Révolution par Jourdain de l'Eloge, seigneur de l'Étoile et d’Argoules, qui la racheta. Aujourd'hui, les bâtiments, siège de l’Association de Valloires, abritent des activités relevant du secteur social et médico-social en faveur des divers âges fragiles de la vie, enfants et personnes âgées, et permettent le développement d’actions culturelles et hôtelières. L’ancienne grange des moines à colombages a été aménagée comme résidence d'hébergement temporaire pour personnes âgées. L'accueil se fait à l’entrée de la cour d’honneur. En entrant dans la vaste cour d'honneur en fer à cheval, on voit, à gauche, le colombier du 17e s .et, en face, un long bâtiment que prolonge, à droite, le logis abbatial. Le salon de réception, décoré d'élégantes boiseries et doté d’un magnifique lustre d’époque Louis XIV, est enrichi de deux belles toiles représentant les portraits de l’abbé commendataire, Mgr d’Orléans de La Motte, et du prieur, dom Antoine-Bernard Comeau. Toute cette aile, qui possède l'élégance classique du 18e s., est d'une rare homogénéité. Le cloître, très simple, est voûté d'arêtes; il reste toujours l'endroit privilégié pour la méditation, que le cœur de l'homme qui y marche soit celui du religieux, de l'amateur ou celui du simple touriste. Au rez-de-chaussée de l'aile est, se trouve la salle capitulaire voûtée, antérieure d'un siècle environ à la reconstruction de l'abbaye. À l'étage se répartissent les appartements de l'abbé et les "cellules" des moines - qui n'ont plus rien de monacal - aux alcôves encadrées de boiseries sculptées. L'église abbatiale est caractérisée par l'accord remarquable entre la sobriété architecturale de sa construction et l'élégante finesse ornementale de son décor. Le buffet d'orgues où jouent des angelots est, par sa qualité, digne d'une cathédrale. Les arabesques de la haute grille de clôture qui sépare la nef du chœur sont d'un dessin si souple et si léger qu'elles ne font pas obstacle au regard. Et le chœur lui-même, avec ses guirlandes de roses sculptées dans le lambris des stalles, constitue une aimable mise en scène; des anges dorés d'une délicatesse effilée s'agenouillent sur l'autel, d'autres voltigent à la voûte et retiennent par un cordon le ciborium. Un singulier ouvrage de ferronnerie domine l'autel, enchevêtrement végétal où s'insinue la rocaille, qui se recourbe en forme de crosse abbatiale; c'est Jean-Baptiste Veyren, dit le Vivarais, qui est l'artisan de ces ferronneries échevelées qui font rêver. La sacristie, jouxtant l’abbatiale, est remarquable par ses boiseries, son parquet à la française et les toiles à thèmes religieux représentant des scènes évangéliques qui la décorent. Le temporel de l'abbaye recouvrait une fortune foncière importante répartie dans la proche région autour de granges célèbres: Bonnance, (à Port-le-Grand, près Abbeville), Balance (à Vron), Mézoutre (à Vironchaux), Crécy-Grange (à Crécy-en-Ponthieu), Petit-Chemin (à Argoules); mais encore des sites aujourd’hui disparus : Roches, Tilloy, Malrepas, les Dunes, les Hostices ... toutes des donations des comtes de Ponthieu qui avaient du reste fait figurer leurs armoiries dans le blason de l'abbaye "d'azur à trois bandes d'or, à la bordure de gueules". Depuis quelques années, on ne vient plus seulement à Valloires pour son abbaye, mais pour sa collection botanique de toute beauté, fruit de la passion d'un pépiniériste des environs. Quel plus bel écrin imaginer pour une abbaye cistercienne ? Le vaste parc de 8 ha a permis de concevoir une présentation originale des végétaux en fonction des paramètres historiques et du site de l'ancienne abbaye. C'est ainsi qu'on trouve un cloître végétal placé vis-à-vis des bâtiments, des massifs en carré qui rappellent les jardins cisterciens, un canal artificiel en mémoire du "riverel" qui traversait, jadis, la cour du monastère. Plus de 4000 espèces et variétés, classées et ordonnées par apparentement esthétique et non à la façon d'une exposition scientifique réservée à des botanistes spécialisés. jardin à l’anglaise rassemblant une collection d’arbustes rares et jardin à la française avec des milliers de rosiers, un jardin des cinq sens et un jardin d’eau de 5000 m2 se répondent pour aboutir à la pureté cistercienne qui confine à l'absolu. Les arbres, arbustes et arbrisseaux, les végétaux de toutes sortes s'associent en une sorte de complicité, lisible par tout visiteur, éclairé ou non. La création, le développement, l’exploitation des Jardins de l’abbaye, ont été confiés en 1987 au Syndicat Mixte d’Aménagement de la Côte Picarde (SMACOPI). Unique en France, un véritable paradis pour tous ceux qui cultivent la connaissance des plantes et l'art de leur donner vie. En somme, un véritable paradis terrestre dont la découverte vaut bien d'autres détours ... Bernard Peugniez, directeur administratif de l'Association et auteur du "Routier Cistercien", Éditions Gaud, Moisenay, 2001.
Quelques autres ouvrages sur Valloires (en vente à la librairie de l'Abbaye) Yvan Christ, L'Abbaye de Valloires, 1969. Bernard Peugniez, Destination Valloires, une abbaye cistercienne d'Europe, 2005 Pierre-Marie Pontroué, Notre Dame de Valloires, 2002. |